Le retour des manifs et des casseurs

LISE RAVARY - 6 MARS 2013

Espérons que nous avons assisté au dernier tour de piste des extrémistes de l’ASSÉ qui doivent mal digérer d’avoir à céder leur place aux bulletins de nouvelles à des manchettes importantes.

Les Libéraux sont partis. La hausse de 82 pour cent sur sept ans a été remplacée par une ‘indexation’ de trois pour cent. Même si absente du Sommet, la notion de gratuité s’est insérée dans le débat public.

Les étudiants ont gagné sur toute la ligne. Même les recteurs ont pris leur trou. La crise est terminée.

Ah oui ?

RENVERSER LE SYSTÈME

Arrêtons de nous mettre un doigt dans l’œil, ça fait mal. Si les manifestations reprennent, si la casse recommence, comprendrons-nous  enfin que nos anarchistes de banlieue se fichent des frais de scolarité, de l’accessibilité aux études et de la qualité de l’enseignement ?

Leur véritable but, renverser le ‘système’. À leurs yeux, même le Parti Québécois, une des rares formations politiques occidentales prônant encore l’étatisme mur-à-mur, n’est qu’un repère de larbins, le synonyme branché de ‘vendus aux puissants’.

Personne n’entend les agitateurs parler d’une quelconque solution de rechange au capitalisme, mais on sait qu’ils se pâment pour Castro, le dernier grand dictateur de la planète, avec le leader nord-coréen, pour Hugo Chavez, copain-copain avec Assad et Ahmadinejad, et pour le socialisme bolivien d’Évo Morales, un démagogue raciste qui trouve normal d’asseoir l’économie de son pays sur la production de coca. Et qu’ils préfèrent les rapports de force aux négociations.

Inspirant…

COMPLICITÉ POLICIÈRE

L’arrogance de l’anarchie excite la jeunesse, jusqu’à ce qu’on tombe amoureux, qu’on se mette à rêver d’enfants et qu’on se retrouve à la banque pour contracter une première hypothèque. Citons Churchill: ‘si vous n’êtes pas à gauche à 20 ans, vous n’avez pas de cœur. Si vous n’êtes pas à droite à 40 ans, vous n’avez pas de tête.’ Normal.

Moins normale par contre, l’occasion ratée mardi par le SPVM de mettre la hache dans le rêve qu’entretiennent certains de vivre un second printemps érable. L’été dernier, l’atmosphère était chauffée à blanc, la répression comportait des risques. Mais aujourd’hui, 99,999 pour cent des Québécois ne veulent pas retourner en arrière.

Or, la meilleure façon de s’assurer que les marches nocturnes et les rassemblements échevelés mensuels reprennent du service, c’est d’ordonner aux policiers de regarder passer la parade et de ne réagir qu’aux pires provocations.

NON AU LAISSEZ-FAIRE

Mardi, la manifestation a été déclarée illégale mais la police a laissé faire. Des gens étaient masqués, mais la police a laissé faire. Des irresponsables  se servaient de leurs enfants comme boucliers humains, mais la police laissé faire. Même si les agents savent qu’on utilise des poussettes ou des sacs à dos de bambins pour cacher des projectiles.

Les forces policières ont raté une superbe occasion de faire comprendre à l’ASSÉ qu’en 2013, ce sera tolérance zéro pour les manifestations illégales. Pas d’itinéraire ? Par ici le panier à salade. Vivement la méthode Labeaume. Ce n’est pas un hasard si l’été 2012 a été calme à Québec.

Pourquoi déclarer une manifestation illégale si on a l’intention de la tolérer ? Pourquoi envoyer le message que respecter la loi, c’est optionnel ? Pourquoi dire non et faire oui ?

Surtout quand les manifs n’ont plus rien à voir avec la noble cause de l’éducation.

Une explication, svp.